Missionnaire de la Société du Verbe Divin(SVD) et Directeur de bibliodrame,
membre de l’équipe de pastoral biblique à Munich (Allemagne), responsable du
postulant pour les pays Germanophones.
1. Vivant en Allemagne, vous étiez invité en RDC à animer, pour la deuxième fois, un atelier sur le bibliodrame. De quoi s’agit-il exactement?
Après 2005, je viens cette année pour la deuxième fois animer des séminaires de bibliodrame à l’invitation de P. Mathieu Thekkeyil, directeur du Centre Liloba, à Kinshasa. Il est responsable de l’apostolat biblique de la province à la congrégation des missionnaires de la Société du Verbe divin (SVD). J’interviens à Kinshasa, notamment au Centre Liloba à Lemba ; dans les paroisses Saint Hilaire à Kingasani, dans la commune de Kimbanseke et Saint Félix à Mombele dans la commune de Limete ; à Kikwit au Groupe d’Apostolat biblique de St Pierre, chez les abbés et les religieuses (soeurs) de la ville du Bandundu (Propédeutes, novices, confères SVD et auprès des délégués de différentes paroisses. Bibliodrame, comme le mot composé de deux termes grecs (biblia et drama) l’indique déjà, est une méthode d’approche biblique qui essaie d’interpréter la parole par l’action. En plongeant dans l’espace qui est ouvert à partir des thèmes lancés par la parole de Dieu, le participant peut trouver sa position là-dedans et se voir impliqué dans l’histoire du salut. Cela aide à mieux se connaître soi-même et permet à trouver le message de la Bible en correspondance avec la situation personnelle.
2. Quel est l’impact de l’enseignement du bibliodrame dans la vie de chrétien ?
L’impact des séminaires est que ceux qui y ont participé sont entrés en dialogue approfondi et vivant avec les passages bibliques présentés. Le but des séminaires n’est pas dès le premier abord l’acquisition de nouvelles connaissances au plan intellectuel mais plutôt l’apprentissage par l’expérience de ce que veut dire se mettre à la suite de Jésus.
3. Pourquoi à la paroisse Saint Félix de Mombele de la commune de Limete à Kinshasa, vous vous êtes adressé uniquement aux jeunes du groupe de partage biblique ?
L’invitation qui m’a été adressée visait tout d’abord ma contribution pour le cours «Dei Verbum» au Centre Liloba de Kinshasa pendant deux jours. Pour l’organisation des autres formations, l’occasion m’a été donnée de tenir le séminaire de bibliodrame. Je me suis confié, à ce sujet, au responsable de l’apostolat biblique. Le séminaire pour les jeunes du partage biblique à Saint Félix n’était pas programmé à l’avance et a pu seulement avoir lieu parce qu’après mon arrivée au Congo, quelques responsables des jeunes m’ont abordé.
4. Des participants au précédent atelier prétendent que certaines pratiques de yoga se retrouvent dans le bibliodrame. Qu’en dites-vous ?
Est-ce qu’il y a du mal dans le yoga? Il y a même du yoga chrétien. Il ne faudrait pas refuser, ce qui peut nous aider dans notre prière, même si cela ne provient pas d’une source chrétienne. Je fais référence à saint Paul qui nous dit de ne rien réfuter à l’avance mais plutôt de tout examiner et de garder ce qui est bon. Mais pour ne pas aller trop loin, non, le bibliodrame n’a rien avoir avec le yoga. Toutefois j’applique certains exercices physiques qui aident les participants à bien se concentrer et à bien se rendre présents, ce qui est très important parce que le bibliodrame comme méthode implique l’homme avec tous ce qu’il est corps, âme, esprit.
5. Pourriez-vous, à ce jour, faire une évaluation de l’enseignement du bibliodrame en RDC ?
Faire une évaluation des séminaires est difficile. J’ose dire qu’ils ont contribué largement à ce que la parole de Dieu puisse atteindre les coeurs des hommes et montrer sa force dans la vie des participants. La présente expérience m’encourage à dire plus. Oui, le bibliodrame aide à mettre les gens en contact approfondi avec l’esprit de la Bible de façon à ce qu’il trouve le courage de changer leur manière de penser et d’agir. Il y a aussi des groupes qui ont continué à mettre en pratique ce qu’ils ont vécu lors du premier séminaire en 2005. Pour les participants du cours «Dei Verbum» j’ai élaboré trois éléments de bibliodrame qu’ils peuvent facilement appliquer dans leur champ de travail pastoral respectif.